vendredi 3 décembre 2010

On marchait, on parlait, on se regardait. A un moment j'ai glissé dans la neige qui s'était gelée, on a rigolé. Sans perdre de vue le but de cette marche sous l'air glacial.
C'était bien, je savais que quelques minutes plus tard je serais réchauffée, par le chauffage de mon salon, par le plaid gris souris du canapé.
On a recommencé à parler des autres, parce qu'on arrivaient pas à parler de nous. Je ne sais pas pourquoi, car notre discussion était toujours très riche, pleine de mots dont parfois j'ignorais le sens. J'avais honte alors je lui souriais, quand je ne comprenais pas réellement la phrase.
Enfin, on avaient ce blocage du nous. Il parlait pas de lui, et même chose pour moi.
A part pour les contrôles et nos hypothèses de réussite. Un contrôle c'est personnel, c'est vrai, ça nous appartient. Mais bien moins que le reste. Puis on a commencé à parler des livres imposés, ceux que je lis le dimanche, ou bien le soir. Pour le français.
Il était passionné et les avaient lu avec assiduité. Il avait adoré le Discours sur le Bonheur de Madame du Châtelet, moi aussi.
On a aborder les thèses, les contre exemples, les procédés de persuasion, tout ça dans le but du bac blanc de lundi.
Au bout de trop de phrases on a plus su quoi se dire. Et plus non plus quoi faire.
Je lui ai alors parlé de mon téléphone, ça a lancé un autre sujet. Des sujets lancés par lui, par moi. Sans rapports. Jusqu'au moment ou on a réussit à tout lier. En alliant du silence, parfois. Pour avoir le temps de se regarder. Il m'avait dit, je veux te connaitre parfaitement. J'avais cru qu'il allait "construire" cette connaissance grâce à mes mots, puis j'ai compris un peu plus tard qu'il parlait de "mon visage, mes épaules, surtout un peu en dessous, et mes jambes". Il a dit ça de cette façon.
Il disait ce qu'il pensait, toujours, et ça m'a fait du bien. Parfois je me surprenais à appréhender le moment où il partirait. Étant donné que je le verrais dès le lendemain, c'était surprenant.
Enfin c'est pas très important.
Maintenant, on sait se parler, trouver des sujets qui assemblent nos centres d'intérêts. Quand il est parti, il m'a dit, la prochaine fois c'est toi qui vient.


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